44. Where is humanity?

Triggerwarning: Ce texte peut être touchant, ne restez pas seule avec ce contenu. Vous n'avez personne pour en parler? Alors adressez vous aux associations/personnes suivantes:

*Groupes d'adoptés:

Adoptie Schakel Connecteert (FB-groep)

*Coach d'adoption

www.a-buddy.be

https://www.tele-onthaal.be

À la recherche d'un livre d'un style différent de celui de l'Asie, j'ai décidé d'acheter l'édition d'Anna Stuart de « La sage-femme d'Auschwitz ». Ce livre me brise le cœur lorsque je lis les horreurs que les victimes juives de la guerre ont dû endurer dans les camps de concentration. Ce livre me touche profondément. Le camp de concentration d'Auschwitz était divisé en blocs. Dans l'un de ces blocs, les femmes enceintes étaient rassemblées. Elles devaient survivre sur des lits sans matelas, dans des conditions où les puces et les acariens sévissaient, où l'hygiène était donc totalement absente et où la nourriture était à peine disponible.

C'est dans cette situation dramatique que travaillait Ana, déportée pour avoir collaboré avec la Résistance. Sa chance, c'est de pouvoir rester sage-femme et de ne pas être envoyée dans les chambres à gaz. La conviction que rester en vie la sauverait des atrocités, lui a permis de rester debout.

Je me sens liée à cette femme. Des larmes coulent sur mes joues lorsque je lis que les nouveau-nés sont tués par noyade. Ensuite, il est décidé que les bébés aux cheveux blonds seront retirés à leurs mères et envoyés en Allemagne pour grandir dans des familles plus aisées. L'idée que les disparitions forcées sont tolérées dans les situations de guerre me fait bouillir intérieurement. De quel droit décide-t-on d'enlever des enfants à leurs parents ? Les mères choisissent parfois d'emmener leur enfant dans leur tombe, et oui, à ce stade de ma vie, je le comprends de mieux en mieux.

Je n'ai pas grandi dans une situation de guerre, mais de quel droit ai-je été arrachée à mon pays de naissance? Là aussi, dans les années 70-80, on a persuadé les sage-femmes de tuer les bébés parce que les femmes étaient considérées comme inférieures dans la culture indienne. Les mères étaient abandonnées, ce qui devait être déchirant et dégradant. Les techniques de mise à mort des bébés étaient également courantes en Inde : les nourrir avec des engrais, leur faire manger du sel pour qu'ils se déshydratent, leur tordre le cou, et j'en passe. Ces sage-femmes subissaient la pression des familles qui exigeaient que les bébés de sexe féminin disparaissent. Quelques enfants ont prétendument été sauvés et ont fini dans le système d'adoption où certains ont été vendus à l'étranger pour beaucoup d'argent. La culture, l'abus de pouvoir et l'incompréhension de certaines situations créent des résultats tordus. Je suis furieuse, frustrée et inconsolable. Mais le courage de faire face à cette découverte me rend entière. Pour l'instant, je me demande : où est l'humanité ?

Livre: La Sage-Femme D’Auschwitz, Anna Stuart, Editions J’ai Lu, 2024

43. Anniversaire : Le blog d'An Sheela a 3 ans 🎉

Le 29 décembre 2024

Flashback

Il y a exactement 3 ans, je lançais mon blog. Peu avant, Iris m'avait fait une promesse exceptionnelle ! Elle me soutiendrait contre vents et marées dans ma nouvelle aventure : la recherche de la vérité sur mon passé en Inde et la recherche de ma famille dans mon pays d'origine.

Aujourd'hui encore, elle continue à me soutenir et à m'épauler dans ce projet difficile. Elle connaît mon dossier sur le bout des doigts, elle connaît mes sentiments, mes hauts et mes bas. Je l'ai vue récemment et elle pense toujours que je vais bien. Que s'est-il donc passé au cours des trois dernières années ? Voici une brève mise à jour pour mes chers followers....

Que s'est-il passé ces trois dernières années ? Voici une brève mise à jour pour mes chers followers....

Le 29 décembre 2021:

Première collaboration avec Iris, pour moi le début officiel de ma recherche:

  • J'ai trouvé l'adresse du couple qui s'est occupé de moi pendant le voyage de l'Inde à la Belgique. Etienne et Viviane m'ont emmenée en toute sécurité de Kolkata à Bruxelles en passant par Mumbai : arrivée le samedi 25 juillet 1981.
  • Elaboration d'une ligne de temps de mon passé en Inde, les quelques éléments de mon dossier d'adoption ont été compilés chronologiquement.
  • Nous avons rassemblé les noms importants du dossier dans un fichier Excell, de cette façon nous avons essayé de donner une structure aux informations.
  • Des entretiens avec le centre d’origine et le service d'adoption en Belgique ont déjà eu lieu.

Janvier - Février 2022:

  • Rêver de mon passé en Inde
  • Adieu à ma meilleure amie Anne-Michèle (†)
  • Prise de contact avec des personnes qui en savent plus sur les quêtes en Inde

Mars 2022

Préparation du voyage à Patna avec Iris

April 2022:

Préparation du voyage à Patna avec Iris

  • Visite de l’orphelinat à Patna
    • Rencontre avec Lucky, elle s'est souvenue de mon nom et s'est adressée à moi en tant que Sheela. Lucky était une adolescente lorsque j'ai séjourné à l'orphelinat en tant que bébé/enfant en bas âge.
    • Rencontre avec plusieurs familles indiennes de différentes religions.
    • Visite de Muzaffarpur, le district où l'on dit que mes racines se trouvent.
    • Visite de la plus ancienne université du monde (Nalanda)
    • Visite de Bodhgaya, le lieu où Bouddha a vu la lumière et où le bouddhisme a trouvé ses racines.
    • Découverte du fait que mon vrai nom est en fait Sheela, que mon âge ne correspond pas et surtout, j'obtiens le nom du district d'où je suis censée venir.

Mai-Juin 2022

Retour à l'équilibre et reprise du travail après tant de mois émotionnels.

Juillet-août 2022

Je continue à retrouver mon équilibre, je mets la recherche entre parenthèses pendant un certain temps.

Septembre 2022

Préparation d'un voyage en Inde avec mon fils

Octobre 2022

Voyage à Patna avec mon fils:

  • Nouvelle rencontre avec Lucky
  • Rencontre avec une famille qui pourrait être liée à moi
  • Test ADN avec cette famille

Novembre 2022

  • Le résultat du test ADN montre que la famille du dernier voyage n'est pas liée à moi.
  • Élargir le réseau : établir des liens avec des hindous et des chrétiens

Février 2023

Premier voyage en Inde du Sud avec la famille

Février 2024

Voyage dans la capitale et au Bengale: pour la première fois, je voyage seule!

  • Voyage à New Delhi et Kolkata : visite des organismes officiels + la maison des enfants à Kolkata
  • Ma recherche est enfin (après 2 ans !) officiellement enregistrée

Octobre 2024

Voyage au Bihar : pour la deuxième fois, je voyage seule!

  • Visite de Patna : orphelinat
  • Visite à mes amis indiens
  • Séjour à Muzaffarpur: visite des villages sur ma liste
  • Se détendre et vivre au rythme des Indiens qui habitent en dehors de la ville

Le 29 décembre 2024

Anniversaire : Le blog d'An Sheela a 3 ans 🎉

Mon blog accueillera bientôt de nouvelles informations, ma quête continue en arrière-plan, mais de nouveaux défis m'attendent. Vous êtes curieux de savoir ce qu'il en sera ? Continuez à me suivre et à apprendre ensemble. Parce que la vie et la découverte font une.

À tous ceux qui me suivent fidèlement, je vous souhaite une nouvelle année pleine de moments heureux et, lorsque les choses vont moins bien, la force et la confiance nécessaires pour continuer à avancer avec les bonnes personnes autour de vous. Que l'année 2025 soit celle de la puissance du cheval. Dans l'hindouisme, le cheval est considéré comme un moyen de transport et un symbole de force.

42. Mevrouw Theepot – Mme Théière 🫖

Pour la traduction en FR: voir plus bas sur cette page.

Foto van Igor Altuna, 2022 – Photo d’Igor Altuna, 2022

NEDERLANDS:

Tijdens het surfen kwam ik dit beeld tegen. Het beeld kwam bij me binnen. In dit geval blijft de baby aap gehecht aan zijn mama, ongeacht het gevaar dat er schuilt. De moeder zal verscheurd worden, samen met haar kind. Dit beeld is hartverscheurend. En men zal denken: de natuur kan hard zijn.

Het gevoel dat bij me opkwam is onrechtvaardigheid naar mijn verleden toe: is het niet hartverscheurend dat kinderen weggerukt worden van hun moeder? Het verstand van de mens gaat soms niet verder dan het eigenbelang.

Er zullen stemmen opgaan: maar de mens is béter dan de dieren. Wij redden kinderen! Maar tegen welke prijs?

De onvolledige achtergrond-informatie over het kind maakt van het kind een object, en de ongeïnformeerde nieuwe entourage vangt kinderen soms op als poppen. Kinderen zijn levende wezens, die naarmate ze uitgroeien tot volwassenen hun eigen idee zullen vormen. Als ze nadien erop uitkomen dat hun eigen leven gegrond is op leugens, zullen ze zichzelf opnieuw moeten heruitvinden. Daar kruipt ontzettend veel tijd en energie in. En dit alles negeren? Dat kan, maar dat is niet altijd de beste optie. Want de genen bewijzen dat je je herkomst niet kan verloochenen.

FRANÇAIS:

En surfant, je suis tombée sur cette image. L’image m’est venue. Dans ce cas-ci, le bébé singe reste attaché à sa mère, quel que soit le danger qui le guette. La mère sera déchirée, ainsi que son enfant. Cette image est bouleversante. Et l’on se dit : la nature peut être atroce.

Le sentiment qui m’est venu est celui d’une injustice par rapport à mon passé : n’est-il pas déchirant que des enfants soient arrachés à leur mère. L’esprit de l’homme ne va parfois pas plus loin que l’intérêt personnel.

Il y aura des voix : mais l’homme vaut mieux que l’animal. Nous sauvons des enfants! Mais à quel prix? L’information incomplète sur l’enfant fait de lui un objet, et le nouvel entourage non informé attrape parfois les enfants comme des marionnettes. Les enfants sont des êtres vivants qui, en devenant adultes, se forgent leurs propres idées. Par la suite, s’ils découvrent que leur propre vie est fondée sur des mensonges, ils devront se réinventer. Cela demande beaucoup de temps et d’énergie. Et ignorer tout cela ? On peut le faire, mais ce n’est pas toujours la meilleure solution. Car les gènes prouvent qu’on ne peut pas nier ses origines.

Gedicht + Recept (la traduction en FR se trouve plus bas sur cette page)

RECEPT GEMBERTHEE

  • Breng 1 liter water aan de kook
  • Voeg gember toe (naar smaak) en laat 5 minuten doorkoken
  • Voeg 2 soeplepels zwarte theeblaadjes toe
  • Laat koken tot de kleur van het water donker wordt
  • Voeg 5 peulen (opengesneden) kardemom toe
  • Laat opnieuw doorkoken, een minuutje is voldoende
  • Voeg een flinke scheut melk toe en laat opnieuw doorkoken tot er zich een mousse vormt.
  • Draai het vuur uit en drink zo de thee heet mogelijk.
  • Smakelijk!

Poème + recette

RECETTE MASALA CHAI – THÉ INDIEN au gingembre

  • Porter 1 litre d’eau à ébullition
  • Ajouter le gingembre frais (selon le goût) et laisser mijoter pendant 5 minutes
  • Ajouter 2 cuillères à soupe de feuilles de thé noir
  • Laisser mijoter jusqu’à ce que la couleur de l’eau devienne plus foncée
  • Ajouter 5 gousses de cardamome (coupées)
  • Laisser bouillir à nouveau, une minute suffit
  • Ajouter une bonne dose de lait et laisser bouillir à nouveau jusqu’à ce qu’une mousse se forme.
  • Éteindre le feu et boire le thé aussi chaud que possible.
  • Bonne dégustation!

41. Un retour vers mon dernier voyage

Namaste, chers followers,

Premièrement, j’aimerais vous remercier pour votre fidélité et pour votre intérêt de suivre mes aventures. Il m’a fallu le temps, mais la synthèse de mon voyage est publiée! Youpie!

Mon dernier voyage n'a peut-être pas abouti au résultat espéré : retrouver mes parents biologiques. Mais j'ai réussi à traverser ma région natale en toute sécurité et en toute convivialité. Grâce à mon sympathique guide et chauffeur, j'ai pu admirer la campagne de Muzaffarpur, goûter aux plats typiques et aussi découvrir la façon de vivre ensemble. Cette région reste marquée par un fort taux d'analphabétisme, ce qui a un impact important sur la vision de la vie des villageois. On a l'impression que le temps s'y est arrêté. Beaucoup vivent encore selon les normes du système des castes, un mode de vie incompréhensible pour nous, les Européens. Et pourtant, nulle part dans le monde, tout roule comme il faut. Cela fait de ma quête à ce niveau un sérieux défi. Mais je ne me décourage pas. Je célèbre ma vie et j'ai le sentiment que mon projet en Inde n'est pas encore achevé : ‘Never Give Up’, I am ‘Unstoppable’.

Ces chansons puissantes de Sia ont également été murmurées par mon guide. Il a publié mon histoire (en anglais) sur son blog.

Bonne lecture!

https://bkrishnaachef.blogspot.com/2024/11/shila-searching-her-indian-roots-never.html

Grâce à mon guide, j'ai pu voyager en sécurité dans ma région de naissance.

40. Rêve volé - Novembre/Adoptee Awareness Month

Depuis mon retour d'Inde, nombreux sont ceux qui me demandent comment je vais. La semaine dernière, j'ai eu besoin de beaucoup de temps pour m'habituer au rythme belge. Je voulais renouer les contacts avec mes enfants et mon mari. J'avais également besoin de temps pour accepter que ma recherche n'ait pas encore permis de retrouver les membres de ma famille. Mais j'ai gagné beaucoup d'autres choses en retour : de nouvelles amitiés, de nouvelles informations sur l'histoire de la région, les habitudes alimentaires et les questions religieuses qui sont toujours présentes et qui ont une grande influence sur la vie des gens là-bas. Et pourtant, j'ai encore un rêve... ou plutôt : ai-je rêvé... ?

La nuit dernière, j'ai fait un rêve.

Dans le cadre de la recherche de mes racines/famille, j'ai visité une organisation en Flandre. Je suis entrée dans un grand hall : des portes sombres et un grand mur vert clair avec un plafond blanc.

Via de deur links kwam ik binnen in een soort van ontvangstruimte. Ik moest eerst door een smalle zwarte gang en via een plooideur bereikte ik een salon. Er stond enkel een rechthoekige donkere salontafel met enorme schuiven aan elke kan. Ik ging op de grond zitten en trok zo’n schuif open. Ik tuimelde erin en kwam uit in een prachtig groene omgeving, waar vogeltjes vrolijk floten. Ik kon me moeilijk oriënteren en  zag in de verte een man op het veld werken. Hij zwaaide met een sikkel in de lucht en kapte er de rijstplanten mee. Hij legde deze rijstplanten in hoopjes naast elkaar. Aan de andere kant zag ik donkere wolken, alsof een onweer op ons af zou komen. Ik rende naar de man en wilde hem inlichten over de moessonregens, en dat hij zich in veiligheid moest brengen. Als ik mijn benen in beweging wil brengen, is hij verdwenen. Ik draai op mezelf, maak een tollende beweging en val neer in het frisgroene gras. Plots schrik ik wakker en bevind me naast de salontafel. Wie was deze man? Mijn vader? Een vriend? Een wijze man?

Entre-temps, des femmes sont entrées. Elles mesuraient la porte plissée et parlaient de la couleur et des dessins. J'ai ouvert un autre toboggan et j'ai voulu y tomber à nouveau, mais l'une des femmes m'en a empêché. Elle m'a demandé ce que je faisais et pourquoi je voulais sauter dans le toboggan. J'ai raconté mon histoire, celle d'avoir vécu dans deux pays et de ne pas connaître la vérité sur mon passé. Elle m'a dit que de nombreux petits enfants indiens venaient dans leur centre et qu'ils avaient encore des dossiers dans leurs archives. Je lui ai demandé si elle savait quelque chose sur moi, si des documents me concernant étaient encore disponibles quelque part. Elle m'a répondu qu'elle n'avait pas accès à cette documentation et qu'elle devait s'adresser au président de l'organisation. Elle m'a promis de se renseigner et m'a raccompagné à l'extérieur. J'ai fait le tour et me suis retrouvée devant l'entrée. Avec courage, je suis retournée à l'intérieur et j'ai vu une échelle géante dans l'imposant couloir. J'ai commencé à grimper l'échelle, car au sommet, j'ai vu une petite armoire suspendue quelque part. Qu'y avait-il dedans ? Je suis montée de plus en plus haut, jusqu'à ce que l'échelle se détache du mur. J'ai crié et j'étais terrifiée à l'idée de tomber.

L'échelle flottait d'avant en arrière et j'avais toutes les peines du monde à garder l'équilibre. Au moment où je tombais, une autre femme m'a rattrapée. Elle m'a transportée dans la pièce où se trouvait la table basse et m'a réconfortée : tout va bien, vous êtes encore là. J'ai demandé ce que faisait leur organisation pour les autres. Elle m'a chuchoté que l'organisation réalisait des adoptions, mais que les enfants disparaissaient souvent ou qu'elle donnait un foyer à des enfants volés. J'ai été stupéfaite et j'ai voulu quitter la pièce en courant. Elle a ajouté que ces pratiques n'avaient plus cours depuis dix ans et qu'elles avaient donné à l'organisation une nouvelle fonction : aider les personnes dans le besoin. Je lui ai dit que j'étais dans le besoin, que je rêvais de la vérité sur mon passé mais qu'il y avait des obstacles partout sur mon chemin. Elle m'a parlé doucement et m'a dit : nous sommes en train d'installer une nouvelle porte pliante colorée, celle d'un nouvel espoir et de nouvelles possibilités. Ne paniquez pas et continuez à croire en vous, la porte ouvrira de nouvelles voies. Peut-être avez-vous été volée, peut-être pas. Peut-être que la question restera sans réponse, peut-être pas.

J'ai quitté le bâtiment et je me suis rendue dans les champs. Ici, je pouvais me détendre. J'ai pleuré, la tristesse de ne pas être retrouvée, la tristesse d'être peut-être une enfant volée, la tristesse d'être abandonnée sont sorties. Une collègue passait par hasard et était elle-même désemparée par la situation. Elle m'a consolée, mais j'ai réalisé que je ne pourrais accepter les choses que si je laissais mon subconscient s'ouvrir complètement. Les émotions refoulées devaient sortir.

Et c'est ce que beaucoup d'adoptés ont du mal à accepter. Nous sommes humains, nous devons respecter notre propre rythme. Il faut du temps, toute une vie, pour trouver la paix intérieure et l'équilibre.

*Adoptionawarenessmonth *November *

In memoriam: Seena, who suddenly passed away the day before Adoptee Remembrance Day.

39. Mummy, I am your baby

Mummy I am your baby

I was infant and helpless,

Staring at you.

Innocent baby who couldn’t speak,

You were the feeder.

Without you, I was just a living toy.

Oh my mummy, I was only your baby.

A day came, You disowned me.

May be your compulsion,

Why was I punished for this.

You left me alone in the world,

When I couldn’t crawl.

Oh my mummy, I was only your baby.

I was in the orphanage,

Unaware of my past.

Tsunami of being disowned,

Has aftermath for entire life.

Though I got father mother, I was their adopted child.

Oh my mummy, I was only your baby.

Months passed, year passed and passed decades,

I was burning in the agony of partition of family.

Miles away from the soil where I was born,

Calling me as I growing old.

Day, weeks, months and years passed on,

I suffered the pain of separation and anxiety.

Oh my mummy, I was only your child.

Soil which was mine,

I am a foreigner here.

The place belongs to me,

No one is there to whom I can hug.

The evidence which I have,

It is buried under the time.

You may meet me or not,

Your decision always raise the question.

Oh my mummy, I was only your child.

Why did you abandon me????

We read novels, short stories and poems. Sometimes it’s romantic, sometimes it’s full of sorrow. Life is about truth and we have to face reality. The poem is about the reality of Sheela who was born in India. At the early stage her journey started. She was adopted by Belgium parents and traveled to Europe when she was not of two years also. Because of color and racism she learned her parents are not her biological parents which left her in agony of separation and anxiety. She grew up in the pain of separation. A mentally strong lady not only succeeded in her profession but at the same time she had a healthy married life where she raised her three children. She taught about her culture and values which were in her genes. In a continent where divorce rates are high she managed to run her family very well. She is in her 40’s and wants to connect to her roots. As I am giving company to find her family sometime I feel she is leading an operation in which success ratio is zero. It’s not a question of what will be the outcome. She should be appreciated for her effort. It’s not an easy task which she is carrying. I have experienced the pain. As a writer I could feel the same pain she is passing through. I will pray to god that he gives her strength to go forward in her life and find her family.

Bal Krishna Keshav

I thank Bal Krishna Keshav for his good writing skills. After two days of traveling, he summarized my story very well. I’m grateful that this writer came on my path. He is my new Indian brother: वह मेरा नया भारतीय भाई है

38. Bienvenue à Patna !

Ce matin, j'arrive à Patna à 10 h 05. En regardant par la fenêtre de l'avion, je vois le Gange émerger. Pendant quelques secondes, ma paupière s'agite de manière incontrôlée. Dès que les roues touchent le sol à l'atterrissage, les larmes montent automatiquement. Mais cette fois-ci, elles ne coulent pas sur mes joues, car je me tourne vers mon enfant intérieur : c'est bon, nous sommes de retour « à la maison ». C'est un moment spécial lorsque je descends les marches de l'avion et que je pose littéralement le pied sur le sol. Je saute de joie et je prends une photo de l'avion. Vistara Airlines, vous avez fait du bon travail !

Après avoir récupéré mes bagages, je retrouve mon ami dans la foule à la sortie. Il m'accompagne jusqu'à la bolide de son père, âgée de 14 ans. Ma valise et mon bagage à main sont entassés sur la banquette arrière. Je me glisse à l'avant, à côté du tout nouveau conducteur. C'est un plaisir de voir ce qu'il a appris au cours des deux dernières années : un permis de conduire pour la voiture et la moto. Ouais, on se fond encore plus dans la masse !

Cent mètres avant le portail, la voiture cale. Problème de refroidissement. J'ai un air de déjà-vu depuis la dernière fois, quand mon fils et moi avons dû pousser la voiture sur le bord de la route. Mon fils en parle encore. Cette fois-ci, je n'ai pas eu à pousser avec lui, mais une autre voiture est venue nous chercher. J'ai voulu parcourir ces 100 mètres à pied, mais mon chauffeur n'a pas voulu. Une nouvelle voiture est venue nous chercher. C'est l'Inde, je m'y sens chez moi.

On me sert un savoureux repas de midi. Nous mangeons ensemble la version épicée de l'omelette avec du pain. Ensuite, j'enfourche ma moto et on m'emmène chez un couple sympathique. Quelle expérience : les cheveux au vent et c'est parti 😊. Je suis déjà soulagée qu'un casque me protège. Apparemment, on reçoit une amende de 1 000 roupies si on ne porte pas de casque. Je suis immédiatement enthousiaste pour le tour en moto. C'est assez contradictoire car en Belgique, je ne ramperais pas sur une moto. Ici, c'est normal. La dame qui m'a déclaré à moitié folle hier a raison : je prends des risques, mais ces risques me correspondent bien ici. Mon chauffeur est prudent et me dépose en toute sécurité. Il me récupère ensuite et m'emmène chez lui.

Avec ce couple, j'apprends énormément sur l'histoire du Bihar : le système des castes, l'arrivée du christianisme dans la région et le fonctionnement du système missionnaire. Pour ce couple, le christianisme était la seule religion qui pouvait les aider à sortir de la pauvreté. Pourquoi ? Parce que cette religion ne fait aucune différence entre les castes. En effet, dans le christianisme, tout le monde est égal. J'écoute, captivée, et je note les éléments clés. Je suis curieuse d'en savoir plus sur le contexte du Bihar, mais les témoignages de vie sont si précieux que, parfois, il est plus intéressant d'écouter les gens que de lire des livres. Ils m'offrent également des collations typiques du Bihari, comme du riz soufflé et du badam. Je me sers de ces petits en-cas tout au long de l'après-midi et je sirote le délicieux masala chai fait maison. La rencontre est chaleureuse et le couple regrette que je ne puisse pas rester pour le dîner. Ce sera pour la prochaine fois. Que retiens-je de cette visite ? L'expérience de leur jeunesse, la vie scolaire, les croyances religieuses et l'histoire de la région. Je me réjouis de ce contexte et décide d'apprendre le plus possible de la région et de ce que les gens m'offrent. Curieux d'en savoir plus ? Moi aussi !

Continuez à me suivre !

Patna airport

37. Une femme folle avec de la persévérance

Aujourd'hui, lundi 21 octobre 2024, j'ai eu l'occasion de vivre des moments particuliers. Ce ne sont pas des moments qui font une grande différence, mais ce sont des moments à chérir.

Ce matin, j'ai eu un appel téléphonique avec la sœur de l'orphelinat à Patna. La conversation a été agréable et constructive. La sœur m'a indiqué qu'elle avait partagé avec moi tout ce qui concernait mon dossier d'adoption. Nous devons nous appuyer sur ces informations. Elle me recevra après-demain et discutera avec moi des prochaines étapes. J'attends ce jour avec impatience car je suppose qu'une coopération constructive est encore possible.

Après ce coup de fil, j'ai cherché un auto-riskja. Pour 200 roupies, le chauffeur m'a emmenée à West Bock 8, dans les bureaux de CARA (Central Adoption Resource Authority). Un rendez-vous avec le directeur était prévu, mais il m'a rapidement orienté vers un membre du personnel dont l'origine était, oui : Bihar ! Nous avons discuté ensemble autour d'une tasse de chai et d'un snack indien, le Kachori. C'était agréable de discuter avec le résultat suivant : ‘Sheela, vous êtes une femme folle, mais vous êtes si intelligente. J'aime ta persévérance. Je crois en toi.’ Cela signifie que des mesures concrètes doivent être prises par moi-même et que je me porte garante de ma propre sécurité. On me déconseille de faire du flyering parce que n'importe qui peut me contacter, y compris des personnes mal intentionnées. Je ne me sens pas mal, et je ne me sens pas non plus extrêmement optimiste lorsque je sors à nouveau. Il n’y avait pas de moyens de parler de grandes révolutions, si je veux comprendre l'Inde, je vais devoir prendre plus de temps. Je m'aperçois un peu tard que je ne leur ai pas offert du chocolat. J'envoie un message à l'employée pour la remercier de son temps (1,5h) et l'informer que la prochaine fois, je fournirai 2 boîtes de chocolat. Elle m'informe qu'elle n'a pas besoin de chocolat mais qu'elle attend mon livre. Au cours de la conversation, elle avait exprimé son intérêt pour ma façon d'aborder ma quête : traverser le processus de deuil de la perte de la famille biologique, découvrir la culture indienne, intégrer les émotions et les nouvelles informations. La prise de conscience prend du temps et de l'énergie... La collaboratrice voyait mon expérience comme idéale sous la forme d'un livre. Je laisse à l'avenir le soin de déterminer si l'écriture d'un livre fait partie des possibilités ou non.

Après la visite de CARA, je déjeune chez un ami et je prends le temps de compléter mon journal. Je prends le temps de me détendre et retourne à mon petit hôtel dans la soirée. Demain matin, je prends l'avion pour Patna. Deux personnes recommandées aujourd'hui : Suivez le courant. C'est ce que je vais faire. Le flux indien est un flux qui exige de la persévérance, de ralentir, de ralentir et de ralentir encore. On peut devenir un peu fou à force de passer d'une culture à l'autre.  

36. Un nouveau défi

Le 19 octobre 2024, je prendrai l'avion pour la belle Inde. La recherche de ma mère biologique se poursuit. Je continue à croire en une issue. Je me laisse porter au rythme des événements, essayant parfois de ralentir pour bien regarder les choses de loin, en interrogeant les personnes qui en savent quelque chose. Chercher en Inde est et sera toujours un défi. Je suis curieuse de voir ce que ce voyage me réserve.

Muzaffarpur: here I come!

35. Lâcher prise, partir et arriver

Mercredi, le 21 août 2024, 10h20

Très chère fille,

C'est avec les larmes aux yeux que j'écris ce texte, émue par tant d'amour, de connexion mais aussi en partie intoxiquée par la douleur, la douleur du lâcher prise.

Jamais je n'aurais imaginé en 2008 que toi, ma chère fille timide, tu déploierais tes ailes à 16 ans. Depuis 2023, tu prépares ton projet, car c'est toi qui as choisi de partir à l'étranger. Le projet Expédis est soutenu dans ton école secondaire: les élèves de 5ème année ont la possibilité d'effectuer une période de l'année scolaire à l'étranger. La communauté wallonne impose certaines règles que vous devez respecter. Pourtant, tu as suivi méticuleusement cette administration avec ton père. J'étais surtout là pour le soutien affectif et matériel. Lorsque les choses étaient un peu difficiles, c'est souvent moi qui prenais le relais et je m'acquittais de cette tâche avec beaucoup de dévouement.

Le jour où tu m'as dit que tu avais envie de participer à ce projet d'échange, j'ai été fière, troublée mais aussi sincèrement heureuse pour toi. Ce choix n'est pas évident, et ta persévérance l'a rendu possible. J'ai été ravie de te voir grandir, même au stade de la préparation.

Le temps est passé très vite. Le week-end dernier, je souffrais déjà de stress, en fait cela a commencé il y a une semaine. Mon corps ne fonctionnait pas à plein régime comme d'habitude. Pendant les promenades avec le chien, j'ai laissé couler mes larmes. J'ai également eu beaucoup de mal hier, mais je t'ai toujours soutenue à fond et j'ai continué à t'encourager à aller de l'avant.

Ce matin, mon corps était un peu dans tous ses états : plusieurs passages aux toilettes, sommeil très léger, douleurs abdominales lancinantes et goût nauséabond dans la bouche en rentrant à la maison. Autant de signes que mon corps doit s'habituer à la nouvelle situation : passer 3 mois sans toi à mes côtés. C'est un défi pour tout le monde mais surtout pour moi en tant que maman. J'ai vécu ce lâcher-prise (ton départ) comme une sorte de second accouchement: les douleurs abdominales étaient les contractions, la coupure du cordon ombilical était mon corps qui te laissait partir et l'après-accouchement était vécu par mon corps comme ce goût bizarre dans ma bouche. Une fois de plus, je me suis rendue compte que quitter quelqu'un (temporairement) n'est pas une mince affaire. Qu'est-ce que cela t’a fait, toutes ces fois où je suis partie dans mon pays d'origine pour connaître mes racines ? Comment ton corps a-t-il réagi à cette séparation? Et pourtant, je reste convaincue qu'apprendre à lâcher prise, à partir et à arriver quelque part fait tout simplement partie de la vie. Cela fait partie de l'ouverture sur le monde et de la recherche de soi. Pour ma part, je n'ai pu ressentir et nommer concrètement ces étapes que depuis que je suis à la recherche de ma famille en Inde. Et toi, c'est ce que tu fais à 16 ans ! Je pense que c'est vraiment chapeau d'oser le faire, et de le faire efficacement. 

J'espère surtout que tu vas passer des moments inoubliables, que tu apprendras beaucoup de choses, y compris sur toi-même, et que tu vas acquérir davantage d’indépendance et d’autonomie. Car, comme je te l'ai déjà écrit, « La vie commence à la fin de ta zone de confort » - Neale Donald Walsch et, bien sûr, « Ce que l'on apprend avec plaisir, on ne l'oublie jamais » - Alfred Mercier.

De la part de ta chère et unique maman qui sera toujours là pour toi,

An Sheela

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